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Comme on dit ; “il faut que jeunesse se passe !” Oscar Wilde – Le portrait de Dorian Gray

Le seul et unique roman d’Oscar Wilde, publié en 1890, a provoqué une vague de critiques qui le jugeaient “empoisonné et immoral”.

Le Portrait de Dorian Gray a été commandé par le directeur du Lippincott’s Monthly Magazine qui avait rencontré Wilde aux Etats-Unis. Son succès a été tel qu’il fut publié l’année suivante sous forme de livre avec une préface.

 

Wilde livre ici l’incroyable histoire d’un jeune aristocrate anglais, réputé pour sa jeunesse et sa beauté qui semblent éternelles. Mais elles ont un prix. Le prix d’un pacte inconscient avec son propre reflet par cette exclamation de Dorian en voyant son portrait :

“Si c’était moi qui restais toujours jeune et que ce fût le portrait qui vieillit ! Pour cela… […] Je donnerais mon âme pour cela !”

 

L’esthétique dandy

Le raffinement des tons et du verbe à travers la thématique de l’art est tout l’enjeu de l’œuvre. Le plaisir au sens large du terme se retrouve dans la langue. Créer de nouvelles images, de nouveaux plans, de nouvelles constructions. L’esthétisme vaporeux du Portrait de Dorian Gray témoigne d’une illusion filée du verbe du début jusqu’à la fin du roman. Couche après couche, l’étrange piège de la vanité dans lequel s’est jeté Dorian se referme sur lui et le lecteur.

 

Aux portes de l’étrange

Le pacte conclu indirectement par Dorian avec son portrait joue avec le surnaturel. Les changements de l’huile sur la toile qui déforment les traits du jeune modèle, lui rappellent son souhait contre nature de ne jamais vieillir. L’absurdité de sa requête est poussée à l’extrême et conduit à une fin tragique mais inévitable pour le jeune homme. Il marche sur le fil de l’illusion, sans jamais se rendre compte de la supercherie.

 

Les ravages du temps

La jeunesse de Dorian a beau être préservée du temps qui passe, il est impossible de figer un esprit. Et celui du jeune lord subit la malédiction du portrait. La vanité et l’arrogance vont concourir à la perte de notre élu des dieux, fier d’avoir berné l’univers et ses mécanismes cruels. Accepter de vieillir, c’est accepter de vivre. Et en renonçant à sa vieillesse, notre angelot se précipite vers la mort dans une existence consumée d’avance.

 

Et si tout ceci n’était qu’une supercherie ? Et si la frontière avec le réel était plus fine qu’il n ‘ y paraît ? A vous de percer le mystère et vous délectant des plaisirs d’une Londres empreinte d’hédonisme.

Audrey Lavau

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